L'essentiel en 30 secondes

  • Le tendon relie ton muscle à l'os. Il est surtout fait de collagène de type 1, solide mais peu irrigué, donc lent à réparer.
  • La tendinite, c'est l'inflammation d'un tendon trop sollicité. En musculation, c'est la blessure la plus courante, je le vois depuis +20 ans.
  • Côté compléments, le collagène associé à la vitamine C est la piste la plus étudiée pour soutenir le tissu tendineux.
  • La glycine, acide aminé principal du collagène, est le complément articulations le plus simple et le moins cher.
  • Aucun complément ne remplace un entraînement bien construit : c'est ça, la vraie prévention des tendinites.

Le tendon, un tissu solide mais lent à réparer

Tu as mal à l'épaule depuis trois semaines, la douleur revient à chaque développé couché, et tu te demandes si un complément alimentaire pour les tendons peut vraiment t'aider. C'est une question que je reçois sans arrêt, et la réponse mérite mieux qu'un "oui, prends du collagène".

Le lien entre collagène, tendons et tendinites est réel, mais il est parfois survendu. Dans cet article, je te montre ce que la science a établi, ce qui reste au stade des hypothèses, et surtout comment t'y prendre concrètement. On va parler du tendon, des causes d'une tendinite, du rôle du collagène et de la vitamine C, et de la place de la glycine.

Trois chiffres clés sur le collagène et les tendons
Trois ordres de grandeur issus de la recherche sur le collagène et les tendons.

Avant de parler compléments, il faut comprendre ce qu'est un tendon. C'est la structure qui relie le corps du muscle à l'os. Son rôle : transmettre à l'os la force produite par les fibres musculaires. C'est lui qui transforme ta contraction en mouvement. Sans tendon solide, pas de force transmise, pas de performance.

Le tendon est composé de fibres très résistantes, et sa principale protéine de structure est le collagène de type 1. C'est exactement le même type de collagène que l'on retrouve dans la peau et les ligaments. Voilà pourquoi, quand on parle de tendons, c'est le collagène de type 1 qui nous intéresse, pas le type 2 qui lui est spécifique du cartilage.

Et c'est là qu'est tout le problème : le tendon est un tissu mal irrigué. Il reçoit peu de sang, donc peu de nutriments et peu de cellules réparatrices. Conséquence directe, que je rappelle à tous les pratiquants que j'accompagne : un tendon se répare lentement, beaucoup plus lentement qu'un muscle. Une tendinite installée peut mettre plusieurs mois à disparaître, et c'est aussi pour ça qu'il vaut mieux la prévenir que la soigner.

Tendinite, tendinopathie : qu'est-ce que c'est exactement ?

Une tendinite est une inflammation d'un tendon. Une partie des fibres qui le composent se déchirent ou subissent des frictions répétées, ce qui déclenche une réaction inflammatoire et rend l'articulation douloureuse à l'effort. Le terme médical plus large est tendinopathie, qui désigne l'ensemble des souffrances du tendon, inflammatoires ou dégénératives.

Il y a un signal que je veux que tu retiennes, parce qu'il permet de reconnaître une tendinite naissante : au début, la douleur disparaît pendant l'échauffement, puis elle s'installe durablement, même une fois l'articulation chaude. Plus tard, elle apparaît de plus en plus tôt dans la séance, puis dans les gestes du quotidien, parfois la nuit. Plus tu attends, plus c'est long à régler. D'où l'intérêt de consulter un médecin dès les premiers signes : l'évolution spontanée d'une tendinite n'est pas favorable toute seule.

Les causes les plus fréquentes

En musculation, la tendinite est la blessure numéro un, et ce n'est pas un hasard. C'est un sport très répétitif qui met les articulations à rude épreuve. Les causes que je rencontre le plus souvent :

  • Un entraînement mal construit : trop de volume sur le même groupe, mouvements répétitifs sans progression raisonnée dans les charges.
  • Une technique d'exécution douteuse : un mauvais placement (ou une mauvaise machine) crée un stress excessif sur le tendon.
  • Un déséquilibre de force entre deux muscles antagonistes, ou un frottement répété du tendon contre un os, classique sur la coiffe des rotateurs de l'épaule.
  • L'âge : après 40 ans, le tendon s'use naturellement et devient plus fragile.
  • Un terrain alimentaire défavorable : un excès de protéines et d'aliments acidifiants augmente l'acide urique, ce qui favorise les douleurs tendineuses. Attention notamment à la surconsommation de protéines en poudre.

Tu remarqueras que dans cette liste, aucun complément ne "cause" ni ne "guérit" une tendinite. Un complément peut soutenir le terrain, jamais compenser un entraînement bancal. C'est le cadre qu'il faut garder en tête pour la suite.

Quel complément alimentaire pour les tendons ? Ce que dit la recherche

Réponse directe : la piste la mieux étudiée est le collagène associé à la vitamine C, pris autour de l'effort. Mais il faut être précis sur ce qui est prouvé et ce qui ne l'est pas.

Commençons par le seul élément réglementairement validé. La vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale des cartilages : c'est une allégation de santé autorisée au niveau européen (règlement UE 432/2012). Autrement dit, sans vitamine C, ton corps ne fabrique pas correctement son collagène. C'est le seul levier que la réglementation reconnaît noir sur blanc dans ce domaine.

Pour le collagène lui-même, on est sur le terrain de la recherche, pas de l'allégation officielle. Et la recherche est plutôt encourageante. Une étude publiée en 2017 dans l'American Journal of Clinical Nutrition a montré que consommer du collagène (sous forme de gélatine) enrichi en vitamine C environ une heure avant un exercice doublait un marqueur sanguin de synthèse du collagène par rapport à un placebo.

Dans cette étude, huit sujets ont pris 5 ou 15 g de gélatine enrichie en vitamine C, ou un placebo, une heure avant 6 minutes de saut à la corde. Le groupe à 15 g montrait environ deux fois plus de propeptide N-terminal du collagène de type 1 dans le sang, signe d'une synthèse de collagène accrue. Les auteurs suggèrent que ce protocole pourrait jouer un rôle dans la prévention des blessures et la réparation des tissus.

Synthèse de collagène : collagène plus vitamine C avant l'effort vs placebo (Shaw 2017)
L'apport de collagène et de vitamine C avant l'effort semble stimuler la synthèse de collagène (Shaw 2017).

Sur une vraie tendinite, on dispose aussi de données. Un essai clinique de Praet et de ses collègues, publié dans Nutrients en 2019, a testé des peptides de collagène spécifiques chez des patients souffrant de tendinopathie d'Achille chronique, en complément d'un programme d'exercices de renforcement.

Après 3 mois, le score fonctionnel VISA-A, qui mesure douleur et fonction du tendon, progressait de 12,6 points dans le groupe collagène contre 5,3 points dans le groupe placebo, les deux groupes faisant les mêmes exercices. Les auteurs concluent prudemment que les peptides de collagène pourraient accélérer les bénéfices d'un programme de rééducation bien mené. Il s'agit d'une étude pilote, à confirmer.

Ce qu'il faut retenir

Les études suggèrent que le collagène pourrait soutenir la synthèse du tissu tendineux et accompagner la récupération, surtout combiné à de l'exercice et à de la vitamine C. Une revue systématique de 2021 va dans ce sens, tout en soulignant que le niveau de preuve reste modéré à faible selon les critères évalués. On parle d'un coup de pouce sur un terrain favorable, pas d'un traitement médical.

Le protocole concret : collagène, vitamine C et glycine

Pour le collagène, on vise le type 1, le plus présent dans les tendons, sous forme de peptides hydrolysés (mieux assimilés). Dans les études, la fenêtre intéressante se situe autour d'une heure avant l'effort, avec de la vitamine C en cofacteur. Dans ma pratique, je conseille 5 à 15 g de collagène de type 1 en poudre par jour, en privilégiant cette prise avant la séance les jours d'entraînement.

Timeline de prise du collagène et de la vitamine C autour de l'entraînement
La logique de prise du collagène et de la vitamine C autour de l'entraînement.

La glycine, elle, est la grande oubliée des tendons. C'est pourtant l'acide aminé principal du collagène : elle en constitue environ un tiers. Sans glycine, pas de collagène, donc pas de tendon solide. Or notre alimentation moderne en apporte peu : on mange de moins en moins les tissus conjonctifs des animaux (peau, cartilage, abats) qui en sont riches. On estime qu'on est en moyenne en déficit d'environ 10 g de glycine par jour, et ce déficit pèse encore plus chez le pratiquant qui sollicite fort ses articulations.

La glycine a deux atouts que j'apprécie : c'est le complément articulations le moins cher, et il a un goût sucré, donc facile à intégrer (par exemple pour sucrer un thé). Pour un objectif tendons et articulations, on peut l'associer au collagène : la glycine fournit la brique de base, le collagène apporte les peptides ciblés. Reste que, comme pour le collagène, aucun effet "tendons" de la glycine n'est officiellement validé : la recherche suggère un rôle de soutien.

Et la vitamine C dans tout ça ? Elle est indispensable au montage du collagène. Si tu manges suffisamment de fruits et légumes, tu en as probablement assez, mais un apport au moment de la prise de collagène est cohérent avec ce que montrent les études. Pour creuser ce point précis, regarde le rôle de la vitamine C dans la synthèse du collagène.

Collagène et glycine : comment bien les choisir ?

Notre approche chez AqeeLab Nutrition

Sur le collagène, la qualité fait toute la différence, parce qu'un collagène mal hydrolysé est quasi inutile : le corps ne l'assimile pas. C'est pour ça que, chez AqeeLab, on a choisi le Peptan® de Rousselot, le leader mondial des peptides de collagène. C'est un hydrolysat breveté, l'une des formes de peptides les plus pures du marché, avec un profil en acides aminés très proche de celui du collagène humain, donc bien toléré.

Pour les tendons, c'est le Peptan type 1 en poudre qui est indiqué (le type 1, je le rappelle, c'est celui des tendons, de la peau et des ligaments). Si tu veux jouer la synergie glycine plus collagène, ou si tu préfères une approche complète articulations, on a aussi pensé nos packs articulations pour ça.

Comme tous nos produits, ils sont fabriqués en France, sans ingrédients controversés, sans OGM, avec une traçabilité garantie et seulement des ingrédients utiles. On consomme nous-mêmes ce qu'on vend, c'est mon principe depuis le début. Si tu veux le panorama complet des formes et des usages, j'ai détaillé tout ça dans le collagène en détail, et tu retrouveras l'ensemble de tous les compléments articulations au même endroit.

Un mot d'honnêteté pour finir cette partie : si ton objectif, c'est plutôt le cartilage et le confort articulaire profond (genou, arthrose débutante), c'est le collagène de type 2 qu'il faut regarder, pas le type 1. Et la glycine, en complément simple et économique, garde tout son intérêt. Tu peux d'ailleurs comparer glycine et collagène pour voir lequel colle le mieux à ton besoin.

Le vrai levier : bien s'entraîner pour protéger ses tendons

Je ne ferais pas mon travail si je te laissais croire qu'un complément suffit. La meilleure prévention des tendinites, et de loin, c'est la qualité de ton entraînement (et de ton alimentation). Voici ce que je recommande, après avoir vu des dizaines de pratiquants se blesser pour les mêmes raisons :

  • Échauffe-toi vraiment. Une activité sportive doit toujours commencer par un échauffement progressif, surtout sur les articulations que tu vas charger.
  • Sois progressif. Augmente les charges et le volume par étapes, sans brûler les marches. La plupart des tendinites viennent d'une progression trop rapide.
  • Privilégie la qualité du mouvement à la quantité. Un exercice mal exécuté pour déplacer plus lourd, c'est le meilleur moyen d'agresser un tendon.
  • Hydrate-toi correctement, sans excès. Une déshydratation favorise la concentration d'acide urique, néfaste pour les tendons. Bois selon ta soif, pas 4 litres par principe.
  • Surveille ton alimentation : pas d'excès de protéines, surtout en poudre, ni d'aliments acidifiants en quantité. Et pense aux fruits et légumes, ils sont essentiels.

Et si une tendinite s'installe malgré tout ? On stoppe ou on adapte les exercices douloureux, on ne s'entraîne jamais par-dessus la douleur, et on consulte. Les anti-inflammatoires peuvent masquer la douleur, mais ils ne corrigent pas la cause. Un kinésithérapeute du sport est souvent bien plus utile sur la durée. Le collagène, la vitamine C et la glycine, eux, jouent sur le terrain, en arrière-plan, pas en traitement de la crise.

Questions fréquentes sur le collagène et les tendons

Le collagène soigne-t-il une tendinite ? +

Non, et personne ne devrait l'affirmer. Aucun complément ne soigne une tendinite. Les études suggèrent que le collagène, associé à la vitamine C et surtout à des exercices de rééducation, pourrait accompagner la récupération du tendon. Mais le traitement d'une tendinite repose d'abord sur le repos relatif, l'adaptation de l'entraînement et un avis médical.

Quel collagène choisir pour les tendons, type 1 ou type 2 ? +

Pour les tendons, c'est le collagène de type 1. C'est la forme majoritaire des tendons, de la peau et des ligaments. Le type 2, lui, est spécifique du cartilage : on le réserve aux problématiques articulaires comme le confort du genou. Pour un tendon, vise donc un collagène de type 1 en peptides hydrolysés.

Faut-il prendre de la vitamine C avec le collagène ? +

C'est cohérent. La vitamine C contribue à la formation normale du collagène, c'est même la seule allégation de santé validée en Europe sur ce sujet. Dans les études sur les tendons, le collagène est justement associé à de la vitamine C, prise autour de l'effort. Si ton alimentation est riche en fruits et légumes, tu en as sans doute assez, mais l'associer ne coûte rien.

La glycine est-elle utile pour les tendons ? +

La glycine est l'acide aminé principal du collagène, dont elle constitue environ un tiers. La recherche suggère qu'un bon apport en glycine soutient la fabrication du collagène, donc indirectement la santé du tendon. C'est aussi le complément articulations le plus simple et le moins cher. En revanche, aucun effet "tendons" de la glycine seule n'est officiellement validé : à considérer comme un soutien de fond.

Combien de temps avant de voir un effet ? +

Il faut être patient. Le tendon est un tissu peu irrigué, qui se remodèle lentement. Dans les études sur la tendinopathie, les bénéfices s'observent sur plusieurs semaines ou mois de prise régulière combinée à des exercices, pas en quelques jours. Si tu cherches un effet immédiat, le collagène n'est pas le bon outil. C'est une stratégie de fond.

Le collagène est-il déconseillé pendant la grossesse ? +

Par principe de précaution, toute supplémentation pendant la grossesse, l'allaitement ou chez l'enfant doit faire l'objet d'un avis médical préalable. Demande conseil à un professionnel de santé avant de commencer.

Références scientifiques

[1] Shaw G, Lee-Barthel A, Ross ML, et al. (2017). Vitamin C-enriched gelatin supplementation before intermittent activity augments collagen synthesis. Am J Clin Nutr 105(1) : 136-143. Voir la source
[2] Praet SFE, Purdam CR, Welvaert M, et al. (2019). Oral Supplementation of Specific Collagen Peptides Combined with Calf-Strengthening Exercises Enhances Function and Reduces Pain in Achilles Tendinopathy Patients. Nutrients 11(1) : 76. Voir la source
[3] Khatri M, Naughton RJ, Clifford T, et al. (2021). The effects of collagen peptide supplementation on body composition, collagen synthesis, and recovery from joint injury and exercise: a systematic review. Amino Acids 53(10) : 1493-1506. Voir la source
[4] Commission européenne. Règlement (UE) 432/2012, registre des allégations de santé autorisées (vitamine C et formation normale de collagène). Voir la source