L'essentiel en 30 secondes

  • La règle simple : multiplie ton poids de corps en kilogrammes par un chiffre situé entre 0,8 g (sédentaire) et 2,2 g de protéines (musculation). Un pratiquant de 80 kg vise donc en moyenne 160 g par jour ;
  • Au-delà d'environ 1,6 g de protéines par kilo de poids de corps et par jour, les gains de masse musculaire plafonnent. Autour de 2 g/kg/jour, tu couvres tous tes besoins, quel que soit ton objectif ;
  • La fameuse limite de « 30 g ou 40 g de protéines par repas » est un mythe : ton corps sait parfaitement absorber des doses bien plus élevées ;
  • Pour un sportif de 70 kg, vise environ 140 g par jour, répartis simplement sur 3 repas (env. 47 g) ou plus si tu préfères ;
  • Une whey de qualité aide à compléter, mais l'essentiel de tes protéines doit venir de ton assiette.

« Combien de protéines par jour ? » C'est sans doute la question que j'entends le plus depuis 20 ans que j'accompagne des pratiquants. Et elle est légitime, parce que la quantité de protéines, c'est ce qui fait basculer une alimentation entre efficace et inutile.

De nombreux facteurs influencent la quantité de protéines réellement utilisable par ton organisme chaque jour et à chaque repas. Mais on peut déjà poser un repère clair : au-delà de 2,5 à 3 g de protéines par kilo de poids de corps, l'apport devient excessif, et même carrément contre-productif.

Les protéines sont sans doute le nutriment qui suscite le plus de débats dans le sport, et encore plus en musculation. Certains pensent qu'on peut presque s'en passer, d'autres en avalent en très (trop ?) grande quantité, persuadés que ça accélérera leurs progrès. En réalité, comme souvent en nutrition, la bonne approche se situe entre ces deux extrêmes :

  • prendre trop de protéines chaque jour n'apporte aucun bénéfice supplémentaire et peut même freiner ta progression musculaire ;
  • dans certains cas, réduire légèrement son apport permet au contraire de relancer les gains en masse musculaire.

Mais encore faut-il comprendre ce que veut vraiment dire « trop de protéines ». On va faire le point là-dessus, mais aussi sur les besoins réels de ton corps et de tes muscles. D'un point de vue physiologique, un excès, c'est simplement une dose supérieure aux besoins réels. Le vrai défi, c'est donc de savoir quelle quantité de protéine ton organisme peut utiliser efficacement, par jour et par repas.

Dans ce guide, je te donne les chiffres précis par profil, la méthode de calcul exacte, et je démonte au passage quelques idées reçues tenaces. Tu fais de la musculation, de l'endurance, tu es sédentaire ou tu cherches juste à manger mieux : tu trouveras ta réponse. Et si tu veux replacer tout ça dans le contexte plus large, ce guide fait partie de notre dossier complet sur les protéines en poudre.

Les trois repères chiffrés à garder en tête sur la quantité de protéines
Les trois repères chiffrés à garder en tête sur la quantité de protéines.

Combien de protéines par jour selon ton profil

Il n'existe pas une dose unique valable pour tout le monde. Ton besoin dépend de ton niveau d'activité, de ta masse musculaire et de ton objectif. Voici les fourchettes que j'utilise sur le terrain, profil par profil, basé sur les études.

Je les ai résumées dans un seul tableau, avec à chaque fois l'exemple chiffré pour une personne de 70 kg et l'organisme ou l'étude sur lesquels s'appuie la fourchette. Ces chiffres se calculent sur le poids de corps sec : si tu as du gras en excès, retire-le du calcul, comme on le verra plus bas.

Profil Apport par jour Exemple pour 70 kg Référence
Adulte sédentaire en bonne santé 0,8 à 1 g/kg 56 à 70 g ANSES, référence 0,83 g/kg [8]
Sénior de plus de 65 ans 1 à 1,2 g/kg 70 à 84 g ANSES [8]
Sport santé, loisir (2 à 4 séances / semaine) 1,2 à 1,6 g/kg 84 à 112 g ACSM (1,2 à 2 g/kg chez le sportif) [10]
Endurance (course, vélo, triathlon) 1,2 à 1,8 g/kg 84 à 126 g ACSM [10], ISSN [3]
Musculation, prise de muscle, force 1,6 à 2,2 g/kg 112 à 154 g Morton et al. 2018 [2], ISSN [3]
Sèche (déficit calorique, quelques semaines) 2 à 2,5 g/kg 140 à 175 g Helms et al. 2014 [9]
Femme enceinte ou allaitante besoin de base + 10 à 15 g environ 68 à 73 g ANSES [8]
Apport recommandé en protéines par profil et par objectif, en grammes par kilogramme de poids de corps et par jour
Apport recommandé en protéines par profil et par objectif, en grammes par kilogramme de poids de corps et par jour.

Sédentaire ou personne peu active

Si tu ne pratiques pas de sport, ou une activité très faible, ton besoin est modéré : de l'ordre de 0,8 à 1 g de protéines par kilo de poids de corps. Avec une masse musculaire plus faible et aucune demande liée à l'effort, inutile d'en faire plus. C'est la référence retenue par l'ANSES pour l'adulte en bonne santé, autour de 0,83 g/kg/jour.

Pourquoi même un sédentaire a besoin de 0,8 g/kg

Ce minimum ne sort pas de nulle part. Même sans aucun sport, le corps renouvelle en permanence ses protéines, de l'ordre de 250 à 300 g par jour : une grande partie des acides aminés est recyclée pour fabriquer de nouvelles protéines, mais environ 40 à 60 g sont définitivement détruits chaque jour, puis éliminés, principalement par les urines.

C'est cette part détruite qu'il faut au minimum remplacer par l'alimentation, ce qui donne à peu près 0,8 à 1 g par kilo de poids de corps. Et chez le sportif, l'entraînement augmente la dégradation des protéines musculaires et la récupération en demande davantage, c'est pour ça que les besoins montent dès que tu t'entraînes régulièrement.

Sport santé, loisir et endurance

Dès que tu bouges régulièrement, tes besoins montent, tout simplement parce que le muscle est davantage sollicité, dégradé puis réparé. Pour 2 à 4 séances par semaine, vise 1,2 à 1,6 g/kg. Pour les sports d'endurance (course, vélo, triathlon), la littérature situe le besoin entre 1,2 et 1,8 g/kg selon le volume d'entraînement. Tu retrouveras le détail par discipline dans notre article sur les besoins en protéines selon ton sport.

Musculation, prise de muscle et force

C'est le profil le plus exigeant. Les recommandations actuelles pour les pratiquants de musculation et les bodybuilders naturels se situent entre 1,6 et 2,2 g de protéines par kg de poids corporel et par jour. Cette fourchette permet d'optimiser la synthèse protéique et la prise de masse maigre, tout en limitant la prise de gras.

Personnellement, je cadre la plupart des pratiquants autour de 2 g/kg, ce qui fonctionne aussi bien en maintenance qu'en progression. Pour aller plus loin sur l'organisation de tes apports, vois notre guide sur la stratégie nutritionnelle en musculation.

Prise de masse et sèche

En prise de masse, bonne nouvelle : tu n'as pas besoin d'exploser ta dose. L'apport calorique élevé épargne en partie les protéines (l'oxydation des acides aminés diminue quand les glucides sont abondants), donc on reste autour de 2 g/kg. En sèche, c'est l'inverse : pour protéger ton muscle dans un contexte de déficit, on monte la fourchette à 2 voire 2,5 g/kg. Les bodybuilders en préparation peuvent viser ce haut de fourchette, mais sur une courte période seulement, de quelques jours à quelques semaines.

Séniors, adolescents et femmes enceintes

Certains profils ont des besoins spécifiques. Après 65 ans, l'ANSES recommande environ 1 à 1,2 g/kg/jour pour lutter contre la fonte musculaire liée à l'âge (la sarcopénie). Chez la femme enceinte ou allaitante, le besoin augmente d'environ 10 à 15 g par jour. Quant aux adolescents en pleine croissance, leurs besoins sont réels mais la supplémentation en poudre n'a rien d'obligatoire.

Note

La consommation de protéines en poudre chez le mineur, la femme enceinte ou allaitante doit être validée par un professionnel de santé. Les chiffres ci-dessus sont des repères généraux, pas un avis médical individualisé !

Comment calculer concrètement ton apport quotidien

La méthode tient en une ligne : ton poids en kilogrammes multiplié par ton coefficient g/kg.

  • Prenons un pratiquant de musculation de 80 kg qui vise 2 g/kg ;
  • Le calcul donne 80 × 2 = 160 g de protéines par jour ;
  • Ces 160 g comptabilisent tout : la viande, le poisson, les œufs, les produits laitiers, les légumineuses, les protéines apportées par les céréales et, le cas échéant, la poudre.
Trois repères chiffrés pour calculer rapidement ton apport quotidien en protéines
Trois repères chiffrés pour calculer rapidement ton apport quotidien en protéines.

Les quantités par jour selon ton poids

Pour t'éviter le calcul, voici directement les quantités par jour pour les poids les plus courants, avec trois coefficients : la référence ANSES pour l'adulte sédentaire, le milieu de fourchette pour un sportif loisir, et les 2 g/kg que je recommande en musculation.

Poids de corps Sédentaire (0,83 g/kg) Sportif loisir (1,4 g/kg) Musculation (2 g/kg)
60 kg 50 g 84 g 120 g
70 kg 58 g 98 g 140 g
80 kg 66 g 112 g 160 g
90 kg 75 g 126 g 180 g
100 kg 83 g 140 g 200 g

Pourquoi calculer en grammes par kilo, et pas en pourcentage

Les protéines sont des chaînes d'acides aminés, les briques qui servent à construire et réparer tes tissus, à commencer par les muscles. À l'échelle européenne, deux effets sont officiellement reconnus par l'EFSA : les protéines contribuent à augmenter et à maintenir la masse musculaire, et au maintien d'une ossature normale (Règlement UE 432/2012).

Maintenant, la vraie question, c'est la quantité. Et là, une erreur revient sans cesse : raisonner en pourcentage de calories. « 15 % de mes apports en protéines », ça ne veut rien dire d'exploitable, parce que ce calcul ignore totalement ton poids et ta masse musculaire. Deux personnes qui mangent le même nombre de calories peuvent avoir des besoins protéiques très différents.

La seule méthode qui tient debout, c'est de compter en grammes par kilogramme de poids de corps. C'est ta morphologie qui dicte tes besoins. Une fois que tu as ce réflexe, tout devient simple : tu prends ton poids, tu le multiplies par le bon coefficient, et tu as ton objectif du jour.

Et pour les deux autres macronutriments, voici les repères rapides que je donne toujours.

  • Pour les lipides, c'est simple : environ 1 g par kilo de poids de corps ;
  • Pour les glucides, c'est la variable d'ajustement, calculée pour atteindre ton objectif calorique (plus haut en prise de masse, plus bas en sèche) ;
  • Si tu veux la logique complète de répartition, elle dépend de ton métabolisme et de ton objectif.

Ne mange pas uniquement des protéines

Avant de chercher la quantité idéale de protéines, il faut rappeler une évidence trop souvent oubliée : les protéines ne sont pas les seuls nutriments indispensables à ta santé et à ta progression. Même en perte de graisse ou en régime strict, tu ne dois pas éliminer :

  • les glucides, qui fournissent l'énergie nécessaire à l'effort, un besoin majeur du corps ;
  • et surtout les lipides, essentiels à l'énergie, mais aussi au bon fonctionnement hormonal et articulaire.
À noter

Quand l'apport en glucides et en lipides est trop faible, ton corps doit quand même produire de l'énergie. Il va alors puiser dans les protéines. Résultat : au lieu de servir à construire du muscle, elles sont brûlées comme carburant. Dans ce cas, consommer un peu plus de protéines devient nécessaire, c'est aussi pour ça qu'on remonte légèrement la dose en période de sèche.

Comment maximiser l'utilisation des protéines par ton corps

À quantité égale, toutes les protéines ne sont pas utilisées de la même façon. Avant de chercher à monter la dose (ce qui coûte plus cher et ajoute des calories), commence par optimiser le dosage que tu prends déjà. Concrètement, tu peux améliorer l'efficacité de tes protéines sur la masse musculaire en favorisant la synthèse protéique, c'est-à-dire la capacité de ton corps à les transformer en muscle. Ça repose sur deux leviers : le moment de consommation dans la journée, et l'association avec d'autres nutriments.

Les meilleurs moments pour consommer tes protéines

Certains moments de la journée sont particulièrement favorables :

  • le matin au réveil, après le jeûne nocturne : ton corps est très demandeur, quelques dizaines de grammes seront très utiles ;
  • juste après l'entraînement (musculation ou tout sport intensif) : tes muscles ont puisé pendant l'effort et ont besoin de protéines pour récupérer.

Si tu ne prends pas encore de protéines sur ces deux moments, c'est la première chose à corriger dans ta stratégie nutritionnelle en musculation.

Avec quoi associer tes protéines pour plus d'efficacité

Certains nutriments augmentent l'efficacité de tes protéines :

  • la leucine : cet acide aminé peut améliorer la synthèse protéique jusqu'à environ 20 % quand il est pris après la séance avec des protéines. Tu la trouves « pure » ou dans les BCAA. Si tu prends déjà assez de BCAA à l'entraînement, inutile d'en rajouter ;
  • les glucides : ils jouent un rôle encore plus important en facilitant l'utilisation des protéines et en limitant le risque qu'elles soient brûlées comme source d'énergie.

Ainsi, 30 g de protéines bien consommées (au bon moment, avec les bons nutriments) peuvent être plus efficaces que 50 g mal utilisés. En optimisant l'usage de tes protéines, tu peux souvent réduire ton apport total sans rien perdre en résultats.

L'impact de l'équilibre acido-basique : important, mais oublié

Un autre facteur souvent négligé concerne l'équilibre acido-basique de l'organisme. Les protéines ont un effet acidifiant sur le corps, tout comme certains aliments, comme les céréales. À terme, ça peut déséquilibrer le pH naturel du corps et rompre l'équilibre acido-basique.

Lorsque le pH devient trop acide, plusieurs conséquences négatives peuvent apparaître :

  • augmentation de la fatigue ;
  • risque accru de blessures ;
  • baisse des performances ;
  • diminution de la synthèse des protéines ;
  • déminéralisation des os et des dents, car le corps puise dans ses minéraux pour rééquilibrer le pH.

Il existe donc un paradoxe : si l'apport en protéines est trop élevé, leur efficacité peut diminuer pour tes muscles, et ça peut en plus impacter ta santé. Un excès prolongé peut produire l'effet inverse de celui recherché, et devenir contre-productif.

Quelle quantité de protéine au maximum par jour ?

Compte tenu de tout ça, difficile de donner un chiffre universel : beaucoup de variables entrent en jeu. La quantité idéale dépend de ton poids, de ton activité physique, de la qualité globale de ton alimentation et de la façon dont tu consommes tes protéines.

Cependant, pour la grande majorité des pratiquants de musculation et du grand public actif, un apport autour de 2 g de protéines par kilo de poids de corps est largement suffisant pour la prise de masse musculaire et pour rester en bonne santé.

À noter

Le dosage se calcule toujours en fonction du poids de corps. Les besoins varient selon la masse musculaire de chacun. C'est pour ça que définir son alimentation au poids de corps est bien plus précis qu'en pourcentage de calories, d'autant que le nombre de calories quotidiennes change selon l'objectif : sèche, prise de masse ou maintenance.

Pour rappel, 2 g/kg/jour donne par exemple, pour un sportif de 70 kg « sec » : 2 g x 70 kg = 140 g de protéines par jour. Attention, on parle de toutes les protéines cumulées de l'alimentation, végétales comme animales : steaks, poudres (whey), légumes, œufs, poisson, viandes. Et quand on parle de poids de corps, c'est pour un sportif au taux de gras faible (les 4 abdos du haut visibles). Sinon, retire le poids de la masse grasse excédentaire pour ton calcul.

Le dosage maximum par jour pour un pratiquant naturel

Les méta-analyses sur les pratiquants de musculation montrent un plateau des gains de masse maigre autour de 1,6 g/kg/jour, avec un maximum à 2,2 g/kg/jour [1][4]. Au-dessus, il n'y a plus de gain notable en masse musculaire, tout simplement parce que l'apport dépasse les besoins.

La grande synthèse de référence sur le sujet (Morton et al., 2018, qui a compilé 49 études et près de 1 863 participants) situe précisément ce point de bascule autour de 1,62 g/kg/jour : au-delà, la supplémentation en protéines n'apporte plus de gain de masse maigre supplémentaire [2].

Seule exception : en sèche, où tu peux monter ponctuellement (quelques semaines) entre 2,3 et 3 g/kg/jour maximum pour limiter la fonte musculaire [3]. Pour adapter tes doses à chaque objectif, reporte-toi au tableau des besoins par profil, plus haut dans cet article.

Et pour un bodybuildeur dopé ?

Quand on dépasse 2,5 à 3 g/kg, l'apport devient excessif et n'apporte plus rien sur le long terme. En réalité, seules certaines personnes utilisant des substances dopantes (stéroïdes anabolisants) consomment de telles quantités durablement, parce que leur métabolisme est artificiellement modifié.

Et encore : même chez les sportifs dopés, les études montrent que le gain n'est pas supérieur à celui obtenu avec environ 2 g/kg/jour [1][4]. Rester autour de 2 g/kg reste donc le dosage optimal, quels que soient l'objectif, le sportif et l'entraînement.

Où part le surplus de protéines ?

Et le surplus, où part-il ? Pas dans tes muscles. Une fois leurs fonctions remplies, les protéines en excès sont principalement éliminées par les urines, les selles et une petite partie en graisse (de manière plus ou moins directe). Le corps ne les transforme en sucre (la néoglucogenèse) qu'en cas de manque sévère de glucides, comme une sèche extrême. Donc au-delà de tes besoins, ces protéines coûteuses finissent surtout dans la cuvette : autant ne pas gaspiller.


30 g ou 40 g de protéines par repas : la vraie limite

On arrive au cœur du sujet. La dose de protéines « par repas » dépend d'abord de ton nombre de repas sur la journée. Si tu prends 140 g/jour sur 3 repas, tu es autour de 47 g par repas. Avec deux collations en plus, ça peut donner 33 g par repas et 20 g par collation, par exemple.

Pour 140 g de protéines par jour, la quantité par repas dépend surtout du nombre de prises
Pour 140 g de protéines par jour, la quantité par repas dépend surtout du nombre de prises.

La limite des 30 à 40 g par repas est un mythe

D'un point de vue digestif, la fameuse limite de 30 g ou 40 g de protéines par repas dont tout le monde parle est un mythe. On peut absorber de très grosses doses de protéines sans problème, dès lors que l'intestin et les reins sont sains.

Ce mythe vient en partie d'une confusion. La whey, prise seule et à jeun, s'absorbe au rythme d'environ 10 g par heure, et les autres protéines (œuf, viande, aliments complets) au rythme de 3 à 6 g par heure. Comme 30 g de whey étaient « digérés » en 3 à 4 heures dans les vieilles études, certains en ont déduit qu'on ne pouvait absorber que 30 g par prise. C'est faux : un surplus de protéines prend simplement plus de temps à être digéré et utilisé. Un repas standard n'est toujours pas complètement digéré au bout de 5 heures, et tu restes en état d'anabolisme pendant tout ce temps.

Pose-toi la question d'un point de vue évolution : penses-tu vraiment qu'on serait encore là aujourd'hui si notre corps ne savait utiliser que 30 g de protéines par repas ? Nos ancêtres ne mangeaient pas un shaker toutes les trois heures. Un gros steak avec une belle portion de légumes met facilement plus de 10 heures à être digéré, et chaque acide aminé finit par être absorbé.

Les données récentes le confirment : l'idée d'un « maximum 30 à 40 g par repas » est dépassée. Des apports plus élevés (40 à 70 g) continuent d'améliorer le bilan protéique total, surtout en réduisant la dégradation des protéines [5][6]. Une étude a même montré qu'une prise unique de 100 g de protéines en un seul repas augmente encore la synthèse musculaire et le bilan protéique sur 12 heures, sans explosion de l'oxydation des acides aminés [7]. Donc aucun souci pour tes gros repas, ni pour les personnes qui pratiquent le jeûne intermittent.

Comment répartir tes protéines sur la journée

Puisque la limite par repas n'existe pas vraiment, la bonne nouvelle, c'est que tu as de la liberté. Vise ton total quotidien, puis répartis-le de la façon la plus simple pour toi : 3 repas, ou 4 à 5 prises si tu préfères lisser. Pour 140 g/jour, ça donne environ 47 g sur 3 repas, 35 g sur 4 prises ou 28 g sur 5 prises. Aucune de ces options n'est « gaspillée ».

Et si tu cherches un repère pour bien faire plutôt qu'un plafond, Schoenfeld et Aragon proposent environ 0,4 g/kg par prise, sur au moins quatre prises dans la journée, soit autour de 28 g pour 70 kg [1] : c'est un minimum efficace par repas, pas une limite à ne pas dépasser.

Et encore une fois, attention : ici on compte toutes les protéines de ton alimentation, les poudres (comme la whey), les protéines animales (œufs, poisson, viande, produits laitiers) et les protéines végétales. La whey, même si c'est une très bonne protéine (en tout cas pour les whey natives comme celle d'AqeeLab Nutrition), ne doit pas composer la majorité de tes apports : l'essentiel doit venir de tes aliments. Les protéines alimentaires de qualité restent toujours préférables. Pour caler tes doses selon ton objectif (sèche, prise de masse, force), on détaille tout dans un article dédié.


Comment atteindre 140 g de protéines par jour en mangeant

C'est la question qui suit presque toujours le calcul, parce que sur le papier 140 g paraissent énormes. En pratique, une journée classique bien construite y arrive sans forcer, avec un seul shaker en complément :

  • au petit-déjeuner, 3 œufs et 200 g de fromage blanc : environ 35 g ;
  • au déjeuner, 150 g de blanc de poulet cuit avec des légumineuses ou des céréales : environ 50 g ;
  • en collation ou après la séance, un shaker de whey : environ 25 g ;
  • au dîner, 150 g de poisson avec un féculent : environ 35 g.

Ça fait environ 145 g sur la journée, d'après les valeurs de la table Ciqual de l'ANSES [12]. Et si tu manges peu de viande ou de poisson, le principe reste le même avec le tofu, le tempeh, les légumineuses et une protéine végétale en poudre, en pensant à combiner les sources.

Est-il possible de manger 200 g de protéines par jour ?

Oui, c'est tout à fait possible. Mais est-ce utile ? À moins de peser 100 kg relativement sec, ça ne servira à rien. La majorité des sportifs prennent du muscle efficacement avec « seulement » 140 à 160 g de protéines par jour. Les mégadoses sont simplement inutiles : ton corps écrête le surplus.

Tu peux consulter directement les allégations de santé validées par l'EFSA et la position officielle de l'ISSN sur les protéines et l'exercice si tu veux creuser les sources de référence.


Quelles sources de protéines choisir ?

Toutes les protéines ne se valent pas. Privilégie les protéines complètes (œufs, viandes, poissons, produits laitiers, soja) : elles contiennent tous les acides aminés essentiels, dont la leucine, l'acide aminé clé qui déclenche la synthèse musculaire. Les protéines végétales sont parfaitement utilisables, mais une source seule (pois, riz, blé...) n'apporte pas un profil d'acides aminés complet : il faut les combiner, par exemple pois + riz (comme dans notre Better Protein).

Et les poudres dans tout ça ? Élément essentiel que beaucoup oublient : elles ne sont pas une obligation, et elles ne sont pas plus efficaces que les aliments. Si la source est de qualité, ton corps ne fait pas de différence entre une bonne protéine alimentaire et une bonne whey.

La poudre sert juste à compléter quand tu n'atteins pas ton total via les repas, ou pour des raisons de praticité. Pour le détail animal contre végétal, on a tout détaillé dans notre comparatif protéine animale ou végétale.

Notre Whey Native pour compléter tes apports au bon moment

Tu l'as compris : la whey ne remplace pas une alimentation solide de qualité, mais c'est un excellent moyen de couvrir les deux moments clés (le réveil et l'après-séance) sans alourdir la digestion. Encore faut-il choisir une whey de qualité.

Notre Whey Native fabriquée en France est une whey concentrée native, c'est-à-dire extraite directement à partir de lait français par filtration à froid, et non à partir de petit-lait de fromagerie. Résultat : une protéine peu dénaturée, riche en leucine et en fractions natives, idéale juste après l'entraînement quand l'absorption rapide est intéressante. Pour une dose d'environ 25 à 30 g de protéines par shaker, elle t'aide à atteindre facilement ton total quotidien, en complément de tes repas. Et tu peux la retrouver, avec le reste de la gamme, dans notre gamme de protéines en poudre.


Si tu veux aller vers un objectif de prise de muscle « clé en main », on a aussi assemblé des packs complets qui combinent une base de protéines et les compléments qui l'accompagnent, en version whey native ou 100 % végétale selon ton régime.





Trop de protéines : y a-t-il un vrai risque pour la santé ?

C'est l'inquiétude classique, surtout autour des reins. Chez une personne en bonne santé, aucune étude n'a démontré qu'un apport élevé en protéines abîme des reins sains, y compris à des doses très hautes sur le long terme (Antonio et al. 2014). Le vrai « risque » d'un excès, on l'a vu, c'est surtout l'inutilité et le déséquilibre acido-basique, pas une maladie.

Cela dit, la nuance est importante : si tu as déjà une pathologie rénale, la règle change complètement, et il faut un avis médical avant d'augmenter tes protéines. Pour le détail des effets souvent évoqués (reins, ballonnements, mauvaise haleine), on y consacre un article complet : y a-t-il un risque à consommer trop de protéines.

Questions fréquentes sur la quantité de protéines par jour

Quelle quantité de protéines par jour pour un adulte ? +

Pour un adulte sédentaire en bonne santé, le besoin se situe autour de 0,8 à 1 g de protéines par kilo de poids de corps et par jour, soit environ 56 à 70 g pour une personne de 70 kg. Dès que tu pratiques un sport régulier, ce besoin augmente nettement.

Combien de protéines par jour pour prendre du muscle ? +

Pour la prise de muscle, vise 1,6 à 2,2 g/kg/jour. Un pratiquant de 80 kg cible donc 130 à 175 g par jour. Au-delà de 3 g/kg, il n'y a aucun bénéfice supplémentaire pour un sportif naturel.

Comment calculer ses besoins en protéines ? +

Multiplie ton poids en kilogrammes par ton coefficient : 0,8 si tu es sédentaire, 1,2 à 1,8 si tu fais du sport régulièrement, 1,6 à 2,2 en musculation. Exemple : 75 kg × 2 = 150 g de protéines par jour, toutes sources confondues.

Peut-on vraiment consommer 40 g de protéines par repas ? +

Oui, et bien plus encore. La limite de 30 à 40 g par repas est un mythe. Des apports de 40 à 70 g, voire 100 g en un seul repas, continuent d'améliorer le bilan protéique sans gaspillage, tant que tes intestins et tes reins sont sains. Le total de la journée compte plus que le découpage par repas.

Manger 200 g de protéines par jour, est-ce utile ? +

Rarement. À moins de peser autour de 100 kg avec un faible taux de gras, 200 g/jour dépasse tes besoins. La majorité des pratiquants progressent très bien avec 140 à 160 g/jour. Le surplus n'apporte pas de muscle supplémentaire, il est simplement écrêté par l'organisme.

Trop de protéines, est-ce dangereux pour la santé ? +

Chez une personne en bonne santé, les apports élevés en protéines n'ont pas montré de danger rénal dans les études disponibles. En revanche, si tu as une pathologie rénale, la prudence s'impose : demande un avis médical avant d'augmenter ton apport.

Avertissement santé

Ce contenu n'est pas un avis médical. Si tu as une pathologie rénale ou un antécédent rénal, consulte un médecin avant d'augmenter ton apport en protéines. Les besoins sont spécifiques chez l'enfant, l'adolescent, la femme enceinte ou allaitante et le sénior : un professionnel de santé pourra les personnaliser.

Références scientifiques

[1] Schoenfeld B. & Aragon A. (2018). How much protein can the body use in a single meal for muscle-building? Voir la source
[2] Morton R. W. et al. (2018). A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training. Voir la source
[3] Jäger R. et al. (2017). International Society of Sports Nutrition Position Stand: protein and exercise. Voir la source
[4] Iraki J. et al. (2019). Nutrition recommendations for bodybuilders in the off-season. Voir la source
[5] Kim I. et al. (2016). The anabolic response to a meal containing different amounts of protein. Voir la source
[6] Kim I., Deutz N. & Wolfe R. (2017). Update on maximal anabolic response to dietary protein. Voir la source
[7] Trommelen J. et al. (2023). The anabolic response to protein ingestion during recovery. Voir la source
[8] ANSES (2021). Protéines : rôle, sources et apports recommandés. Voir la source
[9] Helms E.R. et al. (2014). Recommendations for natural bodybuilding contest preparation: nutrition and supplementation. Voir la source
[10] Thomas D.T., Erdman K.A. & Burke L.M. (2016). Nutrition and Athletic Performance (position ACSM, Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada). Voir la source
[11] Antonio J. et al. (2014). The effects of consuming a high protein diet (4.4 g/kg/d) on body composition in resistance-trained individuals. Voir la source
[12] ANSES. Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual. Voir la source