L'essentiel en 30 secondes

  • Le calcium est indispensable à chaque contraction musculaire, pas seulement à tes os. Si tu t'entraînes, tu ne peux pas l'ignorer.
  • Les AJR officiels sont de 800 mg/jour, mais les sportifs intensifs ont des besoins proches de 1000 à 1200 mg/jour.
  • Le citrate de calcium est mieux absorbé que le carbonate, surtout à jeun, ce qui en fait la forme de référence en supplémentation.
  • Une carence entraîne crampes musculaires, fatigue accrue et, à long terme, fragilité osseuse. Des millions de personnes sont en déficit sans le savoir.
  • La vitamine D est le cofacteur incontournable : sans elle, ton corps n'absorbe qu'une fraction du calcium ingéré.

Tu l'as appris à l'école : le calcium, c'est bon pour les os. Mais ça, tout le monde le sait déjà. Ce que la plupart des gens ignorent, c'est que le calcium joue un rôle central dans chaque contraction musculaire que tu effectues à l'entraînement, dans la transmission de tes impulsions nerveuses, et même dans la régulation de ta pression artérielle. C'est l'élément minéral le plus abondant dans ton corps, et pourtant, des études estiment qu'une part significative de la population française n'atteint pas les apports journaliers recommandés.

Si tu fais de la musculation, du sport d'endurance ou si tu cherches simplement à rester performant et en bonne santé sur le long terme, cet article est fait pour toi. On va aller au fond du sujet : fonctions biologiques, sources alimentaires, formes de supplémentation, absorption calcique, et ce que la science dit vraiment sur le calcium et la performance sportive.

Le calcium est l'un des micronutriments les plus sous-estimés. On parle de protéines, de créatine, de BCAA... mais rarement du calcium. Pourtant, c'est l'un des premiers minéraux dont les sportifs se retrouvent en déficit, surtout en période de sèche ou chez ceux qui évitent les produits laitiers. Et le problème, c'est qu'une carence calcique s'installe silencieusement, sans signal d'alarme immédiat : ce n'est qu'après des années qu'on découvre une densité osseuse abîmée ou des crampes chroniques inexplicables.

Comprendre le rôle essentiel du calcium dans ton organisme

Les fonctions biologiques du calcium

Le calcium est un minéral essentiel, largement reconnu pour sa contribution à la construction et au maintien des os et des dents. C'est l'élément le plus abondant dans le corps humain, majoritairement stocké dans les os et les dents (environ 99% du calcium total). Ce minéral joue un rôle structurel primordial : il offre résistance et stabilité à notre squelette, et sa présence est indispensable pour maintenir des structures osseuses solides et fonctionnelles tout au long de la vie.

Mais ce 1% restant, circulant dans le sang et les tissus, est tout aussi vital. Le calcium participe à :

  • La transmission des impulsions nerveuses (système nerveux central et périphérique)
  • La contraction musculaire, y compris le muscle cardiaque
  • La coagulation sanguine
  • Le bon fonctionnement du système cardiovasculaire
  • La sécrétion de certaines hormones et enzymes

Au niveau cellulaire, le calcium agit comme un second messager fondamental. Lors d'un influx nerveux, le calcium est libéré depuis le réticulum sarcoplasmique et se lie à la troponine, déclenchant la liaison actine-myosine qui permet la contraction musculaire. Concrètement : sans calcium disponible en quantité suffisante, pas de contraction efficace, pas de force produite. C'est aussi simple que ça.

Ce mécanisme a aussi une implication pratique directe sur les courbatures : lors de micro-déchirures musculaires après l'effort, des fuites de calcium se produisent depuis les fibres lésées. C'est l'une des causes de l'œdème et de l'inflammation post-entraînement. Un apport calcique optimal, en soutenant la santé des fibres musculaires, peut contribuer à une meilleure tolérance à l'effort répété. Ce n'est pas un détail : pour quelqu'un qui s'entraîne 4 à 5 fois par semaine, optimiser la gestion du calcium, c'est optimiser sa récupération.

L'importance du calcium pour la santé des os et des dents

L'os n'est pas une structure inerte. C'est un tissu vivant qui se remodèle en permanence : des cellules spécialisées appelées ostéoclastes dégradent l'os ancien, tandis que les ostéoblastes en fabriquent du nouveau. Le calcium est la matière première de cette reconstruction. Si ton apport calcique est insuffisant de manière chronique, ton organisme va puiser dans les réserves osseuses pour maintenir la calcémie (taux de calcium dans le sang) à un niveau stable, fragilisant progressivement tes os.

Pour un sportif, un capital osseux solide, c'est aussi une protection directe contre les fractures de stress, les tendinopathies et les blessures chroniques. Un os dense résiste mieux aux contraintes mécaniques répétées de l'entraînement.

Quelques populations sont particulièrement exposées au déficit calcique et à ses conséquences : les femmes après la ménopause (la chute des œstrogènes accélère la déminéralisation osseuse, avec une femme sur trois touchée par l'ostéoporose après 60 ans), les seniors des deux sexes (le taux d'absorption intestinale du calcium diminue avec l'âge), et les sportifs en sèche prolongée (restriction calorique + perte par transpiration = double risque de déficit). Si tu fais partie de ces groupes, la vigilance sur le calcium n'est pas une option, c'est une priorité.

Le calcium et le métabolisme hormonal

Deux hormones régulent finement le taux de calcium sanguin. La parathormone (PTH), sécrétée par les glandes parathyroïdes, est libérée quand la calcémie baisse : elle mobilise le calcium des os, augmente la réabsorption rénale et stimule la production de vitamine D active. La calcitonine, à l'inverse, freine la mobilisation osseuse quand la calcémie monte. Ce mécanisme de régulation est finement équilibré, et un apport alimentaire insuffisant en calcium force l'organisme à solliciter en permanence ses réserves osseuses via la PTH.

Un point que nous abordons peu souvent, mais qui est pourtant fondamental : le phosphore et le calcium forment un couple indissociable pour l'ossification. L'un permet la fixation de l'autre. Le rapport calcium/phosphore dans l'alimentation devrait être proche de 1 : or, notre alimentation moderne (riche en protéines, en sodas à base d'acide phosphorique) peut déséquilibrer ce ratio en faveur du phosphore, ce qui nuit indirectement à la fixation calcique. Surveiller son apport en phosphore, c'est aussi une façon de protéger son capital osseux.

Sources alimentaires et apports calciques recommandés

Les aliments les plus riches en calcium

La nature t'offre un large choix de sources calciques. Voici les aliments les plus concentrés en calcium :

  • Produits laitiers : fromage type gruyère (721 mg/100g), yaourt nature (110 mg/100g), lait demi-écrémé (120 mg/100g)
  • Fruits secs et graines : graines de sésame (975 mg/100g), amandes (264 mg/100g)
  • Poissons et fruits de mer : sardines en boîte (382 mg/100g), saumon en conserve (91 mg/100g)
  • Légumes verts : chou frisé/kale (150 mg/100g), brocoli (47 mg/100g)

Une précision importante sur les sources végétales : les légumes riches en oxalates (épinards, betterave rouge, oseille) contiennent du calcium, mais leur absorption réelle est très limitée. Les oxalates forment avec le calcium des complexes insolubles qui ne passent pas la barrière intestinale. En pratique, l'épinard a beau afficher 97 mg de calcium pour 100 g, ton corps n'en absorbera qu'une infime fraction. Les meilleures sources végétales d'un point de vue biodisponibilité sont le chou kale, le brocoli et les graines de sésame (préparées de façon à réduire leurs anti-nutriments). Pour les végans et végétariens, la supplémentation en citrate de calcium devient souvent indispensable pour couvrir les besoins réels.

Teneur en calcium en mg pour 100g des principales sources alimentaires, des graines de sésame au brocoli
Teneur en calcium (mg/100g) des principales sources alimentaires. Les graines de sésame et le fromage arrivent largement en tête.

Les besoins journaliers en milligrammes de calcium

En France, les AJR (apports journaliers recommandés) de calcium sont fixés à 800 mg/jour par l'ANSES. Ces AJR sont des recommandations minimales pour maintenir une santé correcte pour la population générale. Mais attention : pour les sportifs, ces chiffres sont insuffisants.

Les études sur les athlètes recommandent généralement un apport entre 1000 et 1200 mg/jour. Dans le cadre de l'essai clinique de Hinton et al. (2015) sur des hommes ostéopéniques pratiquant la musculation, les participants recevaient 1200 mg/jour de calcium en complément de leur programme de résistance, avec des améliorations significatives de la densité minérale osseuse [1]. Pour une femme enceinte ou allaitante, les besoins montent également autour de 1000 mg/jour.

En pratique

Un détail qui change tout en pratique : ne prends pas tout ton calcium en une seule dose. L'absorption intestinale est saturable : au-delà de 500 mg pris en une fois, le taux d'absorption chute significativement. Mieux vaut fractionner : 400 à 500 mg le matin avec un repas, et 400 à 500 mg le soir.

Je conseille souvent de prendre le calcium le soir avec le repas, car il y a une relation entre apport calcique nocturne, relaxation musculaire et qualité du sommeil, en synergie avec le magnésium. Ce n'est pas un hasard si le vieux conseil de boire un verre de lait le soir avant de dormir persiste depuis des décennies !

Apports journaliers recommandés en calcium en mg par jour selon le profil, des AJR généraux aux sportifs intensifs
Apports journaliers recommandés en calcium (mg/jour) selon le profil. Les sportifs intensifs et les personnes de plus de 50 ans ont des besoins majorés à environ 1200 mg/jour.

Les compléments alimentaires de calcium : bien choisir sa forme

Quand ton alimentation ne suffit pas à couvrir tes besoins, la supplémentation devient pertinente. Il existe deux formes principales de calcium en complément alimentaire :

  • Le carbonate de calcium : la forme la plus courante et la moins chère. Son absorption nécessite un environnement acide stomacal, donc il doit être pris avec un repas. Moins efficace à jeun.
  • Le citrate de calcium : mieux absorbé, indépendamment des repas. Selon van der Velde et al. (2014), l'absorption intestinale du citrate de calcium est environ 24% supérieure à celle du carbonate, et ce indépendamment de la prise avec ou sans repas [2]. C'est la forme recommandée pour les personnes qui prennent des inhibiteurs de la pompe à protons, ou qui préfèrent se supplémenter à jeun.
Comparaison du taux d'absorption du citrate de calcium et du carbonate de calcium à jeun et au cours d'un repas
Comparaison du taux d'absorption du calcium citrate vs carbonate selon les conditions de prise. Le citrate conserve son efficacité à jeun, contrairement au carbonate.

Quand tu choisis un complément de calcium, vérifie aussi :

  • Le dosage en calcium élémentaire (pas le poids total du sel de calcium)
  • La pureté et la qualité du produit, sans additifs inutiles
  • La présence de vitamine D3 en co-formulation (essentielle pour l'absorption)

Facteurs influençant l'absorption et l'excrétion du calcium

La vitamine D, partenaire indispensable du calcium

C'est la clé de voûte de l'absorption calcique. La vitamine D, sous sa forme active (1,25-dihydroxyvitamine D ou calcitriol), active les protéines de transport du calcium dans l'intestin grêle. Sans un statut correct en vitamine D, tu n'absorbes qu'une fraction du calcium que tu consommes.

Une étude publiée dans Food & Nutrition Research rapporte que l'absorption du calcium augmente de façon linéaire avec l'élévation du taux sérique de 25(OH)D, sans seuil d'effet visible dans la plage 20-66 ng/mL [2]. En pratique : une supplémentation journalière de 800 à 1000 UI de vitamine D3 est recommandée pour maintenir un statut adéquat, en particulier en automne et en hiver sous nos latitudes.

La vitamine K2 est le troisième acteur de ce trio souvent oublié : calcium, vitamine D, vitamine K2. Alors que la vitamine D favorise l'absorption du calcium dans les intestins et sa mise en circulation sanguine, la vitamine K2 (sous forme MK-7) oriente ce calcium vers les os en activant des protéines spécifiques (ostéocalcine, MGP), évitant ainsi qu'il se dépose dans les artères. Prendre de grandes doses de vitamine D sans vitamine K2 peut, à long terme, favoriser la calcification vasculaire. La synergie calcium + vitamine D3 + vitamine K2 est aujourd'hui considérée comme la combinaison de référence pour la santé osseuse.

L'impact des protéines animales sur l'excrétion urinaire de calcium

Un apport élevé en protéines animales peut augmenter l'excrétion urinaire de calcium. Ce mécanisme, appelé "calciurie", est lié à l'acidification des urines par les acides aminés soufrés. Pour les sportifs qui consomment 2 à 3 g de protéines par kg de poids corporel par jour, ce phénomène peut représenter une perte non négligeable. Ce n'est pas une raison de réduire les protéines, mais c'est une raison supplémentaire de veiller à un apport calcique suffisant.

Pour les sportifs qui suivent une alimentation végétale (végans, végétariens stricts), ce risque est encore accentué. En l'absence de produits laitiers, il faut construire des apports calciques suffisants uniquement via les sources végétales, ce qui est faisable, mais exige une vraie rigueur : tofu préparé au sulfate de calcium, graines de sésame, chou kale, amandes, eaux minérales calciques (type Hepar, Contrex, qui apportent 450 à 550 mg de calcium par litre).

La parathormone, la calcitonine et la régulation du calcium urinaire

Comme évoqué plus haut, la parathormone (PTH) mobilise le calcium osseux dès que la calcémie baisse. Elle augmente aussi la réabsorption tubulaire rénale du calcium, limitant ainsi l'excrétion urinaire. À l'inverse, des apports calciques suffisants maintiennent la PTH à un niveau bas, ce qui préserve le tissu osseux. Ce mécanisme souligne pourquoi un apport régulier en calcium, réparti sur la journée, est plus efficace qu'une grosse dose prise en une seule fois.

L'interaction entre calcium et magnésium est plus subtile qu'on ne le croit. Ces deux minéraux partagent les mêmes transporteurs cellulaires et peuvent en partie se concurrencer pour l'absorption. Un excès de calcium peut réduire l'absorption du magnésium et vice versa. En pratique, il ne faut pas les prendre simultanément à très haute dose : espacer la prise de calcium et de magnésium d'au moins 2 heures optimise l'absorption des deux. C'est pourquoi, dans le ZMB d'AqeeLab (zinc, magnésium, vitamine B6), nous recommandons une prise le soir avant le coucher, separee du supplément de calcium si tu en prends un.

Calcium et musculation : ce que la science dit vraiment

On parle peu du calcium dans le contexte de la musculation et de la performance sportive. Et pourtant, la recherche récente est intéressante. Voici ce qu'on sait.

Le calcium et la contraction musculaire à l'effort

Le calcium est le déclencheur de chaque contraction musculaire. Lors d'un exercice intense, le cycle de libération et de recapture du calcium par le réticulum sarcoplasmique est sollicité en permanence. Une supplémentation en carbonate de calcium amorphe (ACC) combinée à un programme de musculation chez 31 femmes a montré un effet ergogène significatif : le groupe ACC a amélioré son 1RM au développé couché de façon significativement plus importante que le groupe placebo après 9 semaines (p = 0,049) [3]. Un autre essai du même type a montré que l'ACC pouvait réduire les courbatures 24h et 48h après des séances intensives de poussée [4].

Calcium, musculation et densité osseuse

La relation entre entraînement en résistance et capital osseux est bien établie. Une méta-analyse de Massini et al. (2022) portant sur 370 sujets âgés conclut que la musculation améliore la densité minérale osseuse de +0,64% au niveau de la hanche et +0,62% au niveau de la colonne lombaire [5]. L'essai clinique LIFTMOR (Watson et al., 2019), considéré comme une référence dans le domaine, a montré qu'un programme de musculation haute intensité (HIIT de résistance) améliorait la densité osseuse lombaire de 2,9% vs -1,2% pour le groupe contrôle, avec zéro fracture rapportée [6].

Ce que ça signifie pour toi : combiner un apport calcique suffisant avec de l'entraînement en résistance, c'est la stratégie la plus efficace pour préserver et renforcer ton capital osseux sur le long terme. Ni l'un ni l'autre seul ne suffit. Les deux ensemble, oui.

Les fractures de stress sont l'une des blessures les plus invalidantes en sport d'endurance et en musculation. Elles surviennent quand le remodelage osseux ne suit pas la cadence des contraintes mécaniques répétées. Le calcium, associé à la vitamine D et à un entraînement avec charges, est le trio préventif le plus efficace. Pour les coureurs, les triathlètes, les pratiquants de crossfit : si tu as déjà eu une fracture de stress, ou si tu t'entraînes plus de 5h par semaine, un bilan de densité osseuse (ostéodensiométrie) est un investissement intelligent. Et si tu n'es pas suffisamment apporté en calcium, commence par corriger ça avant tout autre supplément.

Risques liés à une carence ou un excès de calcium

Les conséquences d'une carence en calcium (hypocalcémie)

Une carence chronique en calcium peut conduire à plusieurs problèmes de santé sérieux :

  • Ostéoporose : fragilisation progressive des os, risque accru de fractures
  • Crampes et spasmes musculaires, en particulier nocturnes
  • Hypertension artérielle
  • Troubles nerveux : engourdissements, fourmillements
  • Caries dentaires et fragilité de l'émail

Chez les enfants, une carence en calcium peut affecter le développement osseux et retarder la croissance. Pour les sportifs, les signes les plus fréquents d'un déficit calcique sont les crampes nocturnes récurrentes, une fatigue musculaire précoce à l'effort, et des récupérations plus longues.

Chez les femmes sportives, il existe un syndrome spécifique qu'on appelle la 'triade de l'athlète féminine' : restriction énergétique, irrégularités menstruelles (ou aménorrhée), et baisse de la densité osseuse. Ces trois éléments sont intimement liés. Quand les apports énergétiques et calciques sont insuffisants sur une longue période, le système hormonal se dérègle et la déminéralisation osseuse s'accélère.

Les risques d'une consommation excessive de calcium

L'excès de calcium (hypercalcémie) est rare par voie alimentaire, mais peut survenir avec des supplémentations excessives. Les risques incluent : calculs rénaux, constipation, nausées, et dans les cas graves, troubles du rythme cardiaque. Une méta-analyse publiée dans le JAMA (Zhao et al., 2017) a mis en évidence que la supplémentation combinée calcium + vitamine D était associée à un risque légèrement accru de calculs rénaux [6].

Contre-indications à la supplémentation en calcium

La supplémentation en calcium doit être évitée ou strictement encadrée médicalement dans ces situations :

  • Hypercalcémie (taux élevé de calcium dans le sang)
  • Antécédents de calculs rénaux oxalocalciques
  • Maladies rénales chroniques
  • Certaines maladies granulomateuses (sarcoïdose, tuberculose)

En cas de doute, parles-en à ton médecin avant de commencer une supplémentation. Un dosage sanguin simple permet de vérifier ta calcémie et ton statut en vitamine D.

Questions fréquentes sur le calcium

Quels sont les aliments les plus riches en calcium ? +

Les champions toutes catégories sont les graines de sésame (975 mg/100g), suivies par le fromage type gruyère (721 mg/100g) et les sardines en boîte (382 mg/100g). Parmi les sources végétales : les amandes (264 mg/100g) et le chou frisé (150 mg/100g) sont excellentes.

Les produits laitiers (lait, yaourt, fromage) restent aussi des sources pratiques et efficaces au quotidien. Pour les sportifs, diversifier les sources est recommandé : ne pas compter uniquement sur les laitages pour couvrir ses besoins. L'absorption du calcium varie selon les aliments : elle est meilleure dans les laitages que dans les légumes verts riches en oxalates (épinards), qui réduisent l'absorption.

Quels sont nos besoins en calcium quand on fait du sport ? +

Les AJR officiels français sont de 800 mg/jour pour un adulte. Mais si tu t'entraînes de façon intensive, les recommandations scientifiques pointent vers 1000 à 1200 mg/jour. Cette majoration est justifiée par plusieurs facteurs : l'augmentation de l'excrétion urinaire liée aux protéines alimentaires élevées, les pertes sudorales de calcium pendant l'effort, et la nécessité de supporter les contraintes mécaniques plus importantes exercées sur le squelette. Pour les femmes sportives en période de restriction calorique ou d'aménorrhée, les besoins peuvent être encore plus élevés et le risque de fractures de stress augmente significativement si le calcium est négligé.

Quels symptômes quand on manque de calcium ? +

Les signes d'une carence en calcium peuvent être insidieux au début. Les plus fréquents sont : des crampes musculaires (surtout nocturnes), des fourmillements dans les mains et les pieds, une fatigue inhabituelle, des dents qui se fragilisent, et des ongles qui cassent facilement. À long terme et en cas de carence prolongée, le risque principal est l'ostéoporose, qui ne provoque pas de douleurs tant qu'une fracture ne survient pas. Un bilan sanguin basique (calcémie + vitamine D) permet d'avoir une image claire de ton statut. Attention : une calcémie normale ne garantit pas des réserves osseuses optimales, car l'organisme maintient la calcémie en ponctionnant les os si nécessaire.

Comment le calcium est-il absorbé par l'organisme ? +

L'absorption du calcium se fait principalement dans l'intestin grêle, via deux mécanismes : un transport actif saturable (qui nécessite la vitamine D active/calcitriol) et une diffusion passive proportionnelle à la concentration. En pratique, tu n'absorbes pas tout le calcium que tu ingères : le taux d'absorption varie entre 25 et 45% selon la forme de calcium, ton statut en vitamine D, l'acidité gastrique, et la présence de phytates ou d'oxalates dans le repas. Les oxalates (épinards, betterave) et les phytates (céréales complètes non fermentées) forment des complexes insolubles avec le calcium et réduisent son absorption. La vitamine D, la vitamine K2 et un pH gastrique acide favorisent au contraire une bonne absorption calcique.

Un facteur souvent négligé : l'équilibre acido-basique de l'organisme influence directement l'utilisation du calcium. Un corps trop acide (alimentation riche en protéines animales, sodas, aliments transformés, peu de légumes) favorise la mobilisation du calcium osseux comme tampon alcalinisant. Ce mécanisme est parfaitement physiologique, mais, chroniquement, il amplifie la perte osseuse. Pour maximiser ta rétention calcique : augmente la consommation de légumes et de fruits (alcalinisants), limite les sodas (acide phosphorique), et bois des eaux minérales calciques si tu ne consommes pas de laitages.

Quelle est la différence entre citrate et carbonate de calcium ? +

C'est la question clé quand tu choisis un complément. Le carbonate de calcium est la forme la plus répandue et la moins chère : il contient plus de calcium élémentaire par gramme (40% vs 21% pour le citrate), mais son absorption dépend d'un milieu acide gastrique. Il faut donc le prendre avec un repas. Le citrate de calcium, lui, est absorbé efficacement même à jeun et même chez les personnes à faible acidité gastrique (personnes âgées, utilisateurs d'IPP). Son absorption est environ 24% supérieure à celle du carbonate [2]. Si tu prends un complément de calcium le matin à jeun ou si tu as des problèmes digestifs, le citrate est clairement la meilleure option.

Quelles sont les conséquences d'un excès de calcium ? +

L'excès de calcium par l'alimentation seule est quasi impossible. En revanche, une supplémentation non adaptée peut conduire à une hypercalcémie. Les symptômes d'un excès de calcium sont : nausées, constipation, fatigue, confusion mentale, et dans les cas sévères, calculs rénaux et troubles du rythme cardiaque. Pour la prévention, la plupart des guidelines recommandent de ne pas dépasser 1200 à 1500 mg/jour de calcium toutes sources confondues. Si tu te supplémentes, prends en compte ce que tu consommes déjà via l'alimentation. Les personnes ayant des antécédents de calculs rénaux ou une maladie rénale doivent consulter leur médecin avant toute supplémentation.

Références scientifiques

[1] Hinton P.S. et al. (2015). Effectiveness of resistance training or jumping-exercise to increase bone mineral density in men with low bone mass. Bone. Voir la source
[2] van der Velde R.Y. et al. (2014). Calcium and vitamin D supplementation : state of the art for daily practice. Food & Nutrition Research. Voir la source
[3] Weinstein Y. et al. (2023). The Effects of Amorphous Calcium Carbonate (ACC) Supplementation on Resistance Exercise Performance in Women. Nutrients. Voir la source
[4] Hoffman J. et al. (2022). Examination of Amorphous Calcium Carbonate on the Inflammatory and Muscle Damage Response in Experienced Resistance Trained Individuals. Nutrients. Voir la source
[5] Massini D.A. et al. (2022). The Effect of Resistance Training on Bone Mineral Density in Older Adults : A Systematic Review and Meta-Analysis. Healthcare. Voir la source
[6] Watson S. et al. (2019). High-Intensity Resistance and Impact Training Improves Bone Mineral Density and Physical Function in Postmenopausal Women (LIFTMOR RCT). Journal of Bone and Mineral Research. Voir la source
[7] Zhao J.G. et al. (2017). Association Between Calcium or Vitamin D Supplementation and Fracture Incidence in Community-Dwelling Older Adults. JAMA. Voir la source