La vitamine B1, aussi appelée thiamine, est une vitamine hydrosoluble du complexe B indispensable à chaque sportif. Elle est au cœur de ta production d'énergie : sans elle, les glucides que tu manges ne peuvent pas être convertis correctement en ATP. Son rôle dépasse de loin le simple métabolisme énergétique : elle soutient ton système nerveux, ton cœur, ta digestion et même ta clarté mentale. Or, les entraînements intensifs augmentent les besoins en B1, et une alimentation déséquilibrée peut facilement créer un déficit invisible mais impactant. Voici tout ce que tu dois savoir sur la thiamine pour optimiser tes performances et ta santé.
En 20 ans d'accompagnement de sportifs, la vitamine B1 est l'une des carences les plus sous-estimées. Elle ne crie pas fort : pas de crampes spectaculaires ni de blessures évidentes. Elle s'installe discrètement sous forme de fatigue persistante, de séances qui « n'accrochent pas », d'une récupération qui traîne. Quand un athlète me décrit ce tableau sans raison évidente, la B1 fait partie des premiers micronutriments que je vérifie.
Source terrain : expériences accumulées sur 20 ans d'accompagnement nutritionnel sportif ; confirmé par Maguire et al. (2018) et Wilson et al. (2020).
L'essentiel en bref
- La vitamine B1 (thiamine) est essentielle à la conversion des glucides en énergie utilisable, ce qui en fait une priorité absolue pour les sports d'endurance et la musculation.
- L'AJR officiel est de 1,1 mg/jour pour un adulte, mais les sportifs intensifs ont des besoins estimés à 1,5 à 2 mg/jour selon les données disponibles dans la littérature (Maguire et al., 2018).
- La thiamine agit comme cofacteur du TPP (pyrophosphate de thiamine), qui active 3 enzymes clés du métabolisme : la pyruvate déshydrogénase, l'alpha-cétoglutarate déshydrogénase et la transcétolase.
- Une carence provoque fatigue, troubles musculaires et, dans les cas sévères, le béri-béri ou le syndrome de Wernicke-Korsakoff. L'alcool est le principal facteur de carence.
- Efficacité pour la musculation : Partielle. La B1 ne booste pas directement la force ou la masse musculaire, mais elle est indispensable à l'efficacité énergétique qui conditionne tes performances.
- Le Multivitamines AqeeLab Nutrition apporte 1,3 mg de vitamine B1 par dose, soit 118 % des AJR, une couverture optimale pour les sportifs actifs.
Qu'est-ce que la vitamine B1 (thiamine) ?
La vitamine B1, scientifiquement nommée thiamine, est une vitamine hydrosoluble appartenant au complexe des vitamines B. Elle a été la première vitamine B à être identifiée et isolée, d'où son nom "B1". Comme toutes les vitamines hydrosolubles, elle se dissout dans l'eau : l'excès est excrété dans l'urine, et le corps ne constitue que des réserves très limitées. Cela signifie qu'un apport régulier via l'alimentation ou la supplémentation est impératif pour maintenir des niveaux adéquats.
Le mécanisme d'action : le TPP comme cofacteur central
Dans l'organisme, la thiamine est convertie en pyrophosphate de thiamine (TPP), sa forme biologiquement active. Le TPP agit comme cofacteur de trois enzymes critiques pour le métabolisme énergétique :
- La pyruvate déshydrogénase (PDH) : catalyse la conversion du pyruvate (issu de la glycolyse) en acétyl-CoA, permettant l'entrée dans le cycle de Krebs pour produire de l'ATP.
- L'alpha-cétoglutarate déshydrogénase : joue un rôle clé à l'intérieur du cycle de Krebs lui-même, assurant la continuité de la production d'énergie aérobie.
- La transcétolase : intervient dans la voie des pentoses phosphate, indispensable à la synthèse d'ADN, d'ARN et au maintien du statut antioxydant cellulaire via le NADPH.
Sans thiamine en quantité suffisante, ces trois voies métaboliques fonctionnent en sous-régime. L'impact est direct sur la production d'ATP, c'est-à-dire sur l'énergie disponible pour chaque contraction musculaire, chaque impulsion nerveuse et chaque battement de cœur.
Pour te donner une image concrète : imagine le cycle de Krebs comme une chaîne de production d'énergie dans tes mitochondries. La pyruvate déshydrogénase, dépendante du TPP, est la porte d'entrée de cette chaîne. Si cette porte est bloquée faute de B1, le pyruvate s'accumule, bascule vers la production de lactate, et ton muscle passe en mode anaérobie même à des intensités modérées. Résultat : tu t'épuises plus vite, tu récupères moins bien, et tes séances stagnent. Le TPP n'est pas un détail biochimique : c'est un verrou métabolique.
Sources : B3 article AqeeLab (cycle de Krebs + phosphorylation oxydative) ; B5 article AqeeLab (B1+B2+B3 en synergie dans les voies du cycle de Krebs) ; EFSA 2014 DRV thiamine.
Sources alimentaires de vitamine B1
La thiamine est présente dans de nombreux aliments, bien que souvent en faibles concentrations. Les meilleures sources sont :
- Les céréales complètes et dérivés : germe de blé (1,88 mg/100g), flocons d'avoine (0,67 mg/100g), pain complet (0,26 mg/100g). Le riz blanc et les pâtes raffinées ont perdu la majorité de leur thiamine lors du raffinage.
- Les viandes : le porc est la source animale la plus riche (environ 0,90 mg/100g pour une côte), suivi de la volaille.
- Les légumineuses : lentilles, pois chiches (0,2 à 0,5 mg/100g), une option intéressante pour les sportifs végétariens.
- Les graines : graines de tournesol (1,48 mg/100g) et noix de macadamia (0,82 mg/100g).
- La levure alimentaire sèche (levure de bière) : championne toutes catégories avec environ 11 mg/100g, bien qu'elle soit consommée en petites quantités.
Attention : la thiamine est sensible à la chaleur, à l'oxydation et au blanchiment. La cuisson prolongée peut en réduire la teneur de 25 à 50 % selon le mode de préparation.
Les bienfaits de la vitamine B1 : ce que dit la science
Bienfaits bien établis (allégations EFSA autorisées)
Le règlement européen CE 1924/2006 encadre strictement les allégations de santé. Pour la thiamine, quatre allégations sont officiellement autorisées par l'EFSA, ce qui signifie que leur base scientifique est jugée suffisamment solide :
- Métabolisme énergétique normal : la thiamine contribue à un métabolisme énergétique normal. C'est son rôle le plus documenté, via le TPP et les enzymes ci-dessus.
- Fonctionnement normal du système nerveux : la thiamine contribue au fonctionnement normal du système nerveux. La transmission des influx nerveux dépend directement de la thiamine.
- Fonctionnement normal du cœur : la thiamine contribue au maintien d'une fonction cardiaque normale. Le myocarde est particulièrement sensible aux déficits en B1.
- Fonction psychologique normale : la thiamine contribue à une fonction psychologique normale. Concentration, mémoire et humeur peuvent être affectées par un déficit.
Bienfaits probables (données préliminaires)
Certains effets sont documentés par des études observationnelles ou des essais préliminaires, sans encore atteindre le niveau de preuve requis pour une allégation EFSA :
- Soutien à la digestion : la thiamine participe à la production d'acide chlorhydrique gastrique, ce qui favorise une digestion optimale des protéines et des nutriments, un point non négligeable pour les sportifs soucieux de leur récupération nutritionnelle.
- Réduction de la fatigue liée à l'exercice : une étude de Kennedy et al. (2016) a mis en évidence le rôle des vitamines B, dont la B1, dans la réduction de la fatigue mentale et physique lors d'efforts prolongés.
- Soutien cognitif sous stress : la thiamine peut améliorer la concentration et la mémoire en situation de stress physique élevé, ce qui présente un intérêt pour les athlètes de compétition.
Bienfaits non prouvés à ce stade
La vitamine B1 ne figure pas dans la littérature comme un ergogène direct au sens classique du terme. Elle ne booste pas la force, ne favorise pas l'hypertrophie musculaire, et n'a pas d'effet anabolique démontré. Son rôle est davantage permissif : elle permet que les autres processus fonctionnent correctement, mais ne les amplifie pas au-delà du seuil optimal.
Vitamine B1 et sport : ce que ça change vraiment
Des besoins majorés chez le sportif
L'exercice physique intensif augmente le débit métabolique et donc la consommation de TPP. Une revue de Maguire et al. (2018) publiée dans Nutrients a estimé que les sportifs d'endurance et les athlètes de force pourraient avoir des besoins en vitamine B1 significativement supérieurs à l'AJR standard, avec une fourchette estimée entre 1,5 et 2 mg/jour selon le volume et l'intensité d'entraînement.
La raison est simple : plus tu utilises de glucides comme carburant, plus tu mobilises la pyruvate déshydrogénase, et donc plus tu consommes de TPP. Un sportif qui s'entraîne 5 à 6 fois par semaine avec des séances intenses a un turnover de thiamine significativement plus élevé qu'une personne sédentaire.
Pour te donner des ordres de grandeur : un coureur de semi-marathon s'entraînant 6 heures par semaine avec des sorties longues et du fractionné peut consommer 2 à 3 fois plus de TPP qu'une personne sédentaire, en raison du volume de glucides métabolisés. Une étude de Gonçalves et al. (2024) publiée dans Frontiers in Nutrition a confirmé que les athlètes d'endurance présentant les meilleurs statuts en thiamine maintenaient leurs performances à haute intensité plus longtemps, avec une moindre accumulation de lactate. La B6 article que j'ai rédigée pour AqeeLab cite même une étude montrant qu'un complexe B incluant la B1 augmentait le temps avant épuisement de 26 % chez des athlètes. La B1 seule n'explique pas tout, mais elle est un maillon indispensable de cette chaîne.
Sources : Gonçalves et al. (2024) Frontiers in Nutrition ; étude complexe B + endurance citée dans B6 article AqeeLab ; Wilson et al. (2020) Journal of Nutritional Science.
Applications pratiques par objectif sportif
- Endurance (course, cyclisme, triathlon) : la B1 est particulièrement critique car les sports d'endurance reposent massivement sur le métabolisme aérobie des glucides. Gonçalves et al. (2024) ont noté une corrélation entre statut en thiamine et capacité à maintenir l'effort à haute intensité.
- Musculation et force : rôle indirect mais réel. La qualité de la récupération, la densité des séances et la tolérance à la charge d'entraînement dépendent toutes d'un métabolisme énergétique efficace, que la B1 soutient.
- Sports collectifs et de combat : la clarté mentale, les temps de réaction et la résistance à la fatigue nerveuse, tous soutenus par la B1, sont des facteurs de performance directement mesurables en compétition.
Ce que la vitamine B1 ne fait pas
Pour rester intellectuellement honnête : la B1 ne remplace pas un apport en créatine, ne stimule pas directement la synthèse protéique et ne booste pas la testostérone. Les promesses marketing qui en font un "brûle-graisse" ou un "amplificateur de force" ne sont pas soutenues par la science. Son efficacité est réelle, mais dans son domaine : l'efficacité du métabolisme énergétique.
Dosage, protocole et synergies
Quel apport journalier viser ?
- Population générale non sportive : 1,1 mg/jour (AJR CE). Couvert par une alimentation équilibrée incluant céréales complètes et protéines animales.
- Sportif d'intensité modérée (3-4 séances/semaine) : 1,3 à 1,5 mg/jour. Un complément multivitaminé ciblé suffit généralement.
- Sportif intensif (5 séances+/semaine, charges élevées) : 1,5 à 2 mg/jour. La supplémentation est pertinente, surtout si l'alimentation est déséquilibrée.
- Femme enceinte : 1,4 mg/jour. Femme allaitante : 1,5 mg/jour (ANSES).
Quand et comment prendre la vitamine B1 ?
Étant hydrosoluble, la thiamine est bien absorbée avec ou sans nourriture. Cependant, prendre son complément au moment des repas, idéalement en pré-entraînement ou le matin, favorise une meilleure assimilation et s'inscrit dans une routine durable. Les aliments riches en B1 devraient idéalement figurer à chaque repas, particulièrement au petit-déjeuner et au repas pré-entraînement, afin d'assurer une disponibilité continue pour les voies métaboliques.
Les cofacteurs et synergies à connaître
La vitamine B1 ne travaille pas seule. Ses effets sont potentialisés par :
- Le magnésium : cofacteur indispensable à la liaison du TPP sur ses enzymes cibles. Un déficit en magnésium peut annuler l'efficacité d'un apport B1 optimal. Les sportifs carencés en magnésium, ce qui est fréquent, en pâtissent doublement.
- Les autres vitamines du complexe B : la B1 interagit fonctionnellement avec la B2 (riboflavine), la B3 (niacine) et la B6 dans les cycles métaboliques. Une approche "complexe B complet" est souvent plus efficace qu'une supplémentation en B1 isolée.
Pour aller plus loin sur ces synergies : B1, B2, B3 et B5 forment un quatuor indissociable dans les voies du cycle de Krebs et de la phosphorylation oxydative. La B1 (TPP) fait entrer le pyruvate dans le cycle. La B2 (FAD/FMN) et la B3 (NAD+/NADH) alimentent la chaîne respiratoire mitochondriale. La B5 (coenzyme A) assure les étapes intermédiaires du cycle. Si l'un de ces quatre maillons manque, toute la chaîne ralentit. C'est pourquoi j'insiste toujours sur une approche complexe B dans mes recommandations : supplémenter la B1 seule sans couvrir B2, B3 et B5 revient à huiler une seule roue d'une bicyclette.
Sources : B5 article AqeeLab (synergies B1-B2-B3-B5 dans Krebs et bêta-oxydation) ; B3 article AqeeLab (B1 complémentaire de la B3 dans la production ATP via cycle de Krebs) ; B2 article AqeeLab (synergie B1-B2 activation chaîne respiratoire).
La vitamine C : la présence de vitamine C améliore la stabilité de la thiamine dans le tube digestif, favorisant une meilleure absorption.
Les erreurs à éviter
- Consommer beaucoup d'alcool : l'éthanol réduit significativement l'absorption intestinale de la thiamine et augmente son excrétion rénale. C'est le facteur de carence n°1 dans les pays développés.
- Miser sur des céréales raffinées : le raffinage du blé et du riz détruit la majorité de la thiamine contenue dans le germe et l'enveloppe.
- Oublier les besoins majorés au sport : ne pas ajuster ses apports à son volume d'entraînement est l'erreur la plus silencieuse, les symptômes d'un déficit modéré (fatigue, baisse de concentration) sont facilement attribués à autre chose.
Formes de vitamine B1 et comment bien choisir
Les principales formes disponibles
- Chlorhydrate de thiamine (thiamine HCl) : forme standard la plus courante dans les compléments alimentaires. Bonne biodisponibilité par voie orale à des doses physiologiques. C'est la forme utilisée dans la plupart des multivitaminés, dont le Multivitamines AqeeLab Nutrition.
- Mononitrate de thiamine : légèrement plus stable que le HCl à l'humidité et à la chaleur. Utilisé dans les préparations solides (comprimés, poudres).
- Benfotiamine : forme liposoluble synthétique de la thiamine. Traversant plus facilement les membranes cellulaires, elle est utilisée dans des contextes cliniques spécifiques (neuropathies diabétiques, carence avancée). Pour un sportif en bonne santé, le HCl standard suffit amplement.
Un mot supplémentaire sur la benfotiamine, car j'entends beaucoup de choses à son sujet dans le monde du sport. Sa supériorité d'absorption par rapport au HCl standard est documentée dans des contextes cliniques précis : neuropathies diabétiques, carences sévères, situations où le métabolisme de la thiamine est chroniquement altéré (alcoolisme, chirurgie bariatrique). Pour un sportif en bonne santé, sans pathologie métabolique identifiée, le chlorhydrate de thiamine standard assure une biodisponibilité suffisante. Je ne suis pas contre la benfotiamine, mais je pense qu'elle est sur-commercialisée dans la nutrition sportive grand public. Utilise-la si tu as un contexte médical spécifique, sur avis professionnel.
Sources : terrain Jean Larrue (positionnement benfotiamine vs HCl) ; Ritorto et al. (2025) European Journal of Sports Science (biodisponibilité et exercice) ; archive B1 AqeeLab.
Critères de sélection d'un bon complément
Pour choisir un complément de qualité, vérifie les points suivants :
- Le dosage : il doit couvrir tes besoins réels. Pour un sportif intensif, un apport de 1,3 à 1,5 mg/dose dans un multivitaminé est un bon repère.
- La présence d'autres vitamines B : une formule "complexe B" ou multivitaminée est généralement plus pertinente qu'une B1 isolée, car les synergies entre vitamines B sont réelles et documentées.
- Les certifications qualité : privilégie des marques transparentes sur leur process de fabrication, idéalement certifiées par des tiers (contrôle matières premières, tests de pureté).
Le Multivitamines AqeeLab Nutrition répond à ces critères : il apporte 1,3 mg de vitamine B1 par dose (118 % des AJR), dans une formulation complète combinant l'ensemble du complexe B avec les minéraux essentiels. C'est une approche pragmatique et économique pour couvrir tous tes besoins micronutritionnels en une seule prise quotidienne.
Ce que j'ai voulu faire avec le Multivitamines AqeeLab, c'est refuser le surdosage inutile qu'on voit trop souvent sur le marché. Certains produits affichent 500 % ou 1000 % des AJR en B1 : ça ne sert à rien physiologiquement, l'excédent part dans l'urine, et ça crée une fausse impression d'excellence. Ma philosophie : des dosages calibrés pour couvrir les besoins réels d'un sportif actif, dans des formes bien absorbées, avec le complexe B complet et les minéraux essentiels pour assurer les synergies. La B1 à 118 % des AJR, c'est précis, raisonné, et ça correspond à ce que les données scientifiques actuelles recommandent pour un sportif d'intensité modérée à élevée.
Sources : Multivitamines et minéraux article AqeeLab (philosophie de formulation : pas de surdosage, formes actives, synergie complexe B + minéraux) ; EFSA 2014 DRV thiamine ; terrain Jean Larrue.
Sécurité, carence et effets de la vitamine B1
Profil de sécurité : une tolérance élevée
La vitamine B1 présente un excellent profil de sécurité. L'EFSA n'a pas défini de limite supérieure de sécurité (UL) pour la thiamine, faute de données démontrant une toxicité aux doses usuelles de supplémentation. Les excès sont simplement éliminés par voie urinaire. Aucune toxicité n'a été signalée même à des doses élevées (50 à 100 mg/jour) administrées sur de longues périodes dans certains essais cliniques.
Cela dit, il est conseillé de consulter un professionnel de santé avant de commencer une supplémentation si tu prends déjà des médicaments ou si tu présentes des conditions médicales préexistantes.
Les conséquences d'une carence
Une carence en thiamine, même modérée, peut passer inaperçue pendant des semaines, masquée par la fatigue générale. Les manifestations progressent selon la sévérité du déficit :
- Déficit modéré (fréquent chez les sportifs mal nourris) : fatigue persistante, baisse de la concentration, irritabilité, légère faiblesse musculaire, troubles digestifs (nausées, ralentissement du transit).
- Béri-béri humide (atteinte cardiovasculaire) : tachycardie, œdèmes, insuffisance cardiaque progressive. Historiquement lié à l'alimentation exclusive en riz blanc raffiné.
- Béri-béri sec (atteinte neurologique) : douleurs et faiblesse des membres, perte de coordination, neuropathie périphérique.
- Syndrome de Wernicke-Korsakoff (carence sévère) : confusion, troubles de la mémoire à long terme, ataxie. Fortement associé à l'alcoolisme chronique, qui est aujourd'hui la principale cause de carence sévère en thiamine dans les pays développés.
Populations à risque
- Consommateurs réguliers d'alcool : l'alcool inhibe directement l'absorption intestinale de la thiamine et en augmente l'excrétion.
- Sportifs à régime très restrictif : élimination des céréales complètes ou des protéines animales sans compensation adéquate.
- Végétaliens sans suivi nutritionnel : bien que les légumineuses et céréales complètes soient des sources valables, les déficits sont plus fréquents.
- Personnes âgées : absorption réduite, polymédication, appétit diminué.
- Sportifs d'endurance à charge élevée : c'est une population que je vois régulièrement en consultation et qui est souvent surprise d'être carencée. Pourquoi ? Parce qu'ils mangent « bien » en quantité, mais leur turnover métabolique est tel que leurs apports restent en deçà de leurs besoins réels. Ajoutons à cela la sueur, qui entraîne une perte de vitamines hydrosolubles, et on comprend pourquoi un triathlète ou un cycliste s'entraînant plus de 10 heures par semaine devrait systématiquement s'assurer de ses apports en B1.
Sources : terrain Jean Larrue (consultations sportifs d'endurance) ; B8 article AqeeLab (endurance + pyruvate carboxylase + perte de glucides) ; Maguire et al. (2018) Nutrients.
Vitamine B1 seule ou complexe B complet : que choisir ?
La question se pose souvent en supplémentation sportive : vaut-il mieux prendre de la B1 isolée ou un complexe B complet ? Le tableau ci-dessous synthétise les différences clés.
| Critère | Vitamine B1 seule | Complexe B complet |
|---|---|---|
| Cible principale | Métabolisme énergétique, système nerveux | Ensemble des fonctions des vitamines B |
| Idéal pour | Carence documentée en B1 uniquement | Alimentation déséquilibrée, sport intensif |
| Interactions B vitamins | Peut manquer de cofacteurs B2, B6, B12 | Synergies optimisées entre vitamines B |
| Coût | Moins cher à l'unité | Meilleur rapport utilité / coût |
| Approche AqeeLab | Non disponible en isolé | Multivitamines (1,3 mg B1 + complexe B complet) |
Dans la grande majorité des situations pratiques, sportif avec alimentation perfectible, volume d'entraînement élevé, stress chronique, un complexe B complet ou un multivitaminé de qualité est la solution la plus efficiente. La B1 isolée se justifie surtout dans un contexte clinique de carence avérée et documentée par bilan biologique.
Questions fréquentes sur la vitamine B1
Peut-on avoir une carence en vitamine B1 avec une alimentation équilibrée ?
C'est rare mais possible, notamment si ton alimentation est riche en céréales raffinées (pain blanc, riz blanc, pâtes blanches) et faible en légumineuses ou protéines animales. Le sport intensif augmente aussi les besoins.
La vitamine B1 donne-t-elle de l'énergie directement ?
Non. Elle ne fournit pas d'énergie par elle-même, mais elle est indispensable à la conversion des glucides en ATP. Sans elle, le moteur métabolique tourne moins bien, tu ressens ça comme de la fatigue.
Peut-on prendre trop de vitamine B1 ?
En pratique, non. L'EFSA n'a pas fixé de limite supérieure de sécurité. Aux doses de supplémentation courantes (1 à 10 mg/jour), aucun effet indésirable n'a été documenté. Les excès sont éliminés par les urines.
La B1 améliore-t-elle la prise de masse musculaire ?
Pas directement. Elle n'a pas d'effet anabolique propre. Mais en optimisant le métabolisme énergétique, elle soutient la qualité des séances et la récupération, ce qui peut indirectement contribuer à la progression.
Quelle est la différence entre chlorhydrate de thiamine et benfotiamine ?
Le chlorhydrate de thiamine est la forme standard, hydrosoluble, utilisée dans les compléments classiques. La benfotiamine est une forme liposoluble à meilleure pénétration cellulaire, utilisée surtout en contexte clinique. Pour un sportif en bonne santé, le HCl standard convient parfaitement.
La vitamine B1 est-elle utile pour le sommeil ?
Indirectement. Le système nerveux dépend de la thiamine pour fonctionner normalement, et un déficit peut se manifester par de l'irritabilité et des difficultés de concentration. Certains témoignages associent une supplémentation à une meilleure qualité de sommeil, mais les preuves directes sont insuffisantes pour une allégation.
Combien de temps faut-il pour ressentir les effets d'une supplémentation en B1 ?
Si tu comblais réellement un déficit, des améliorations (énergie, concentration) peuvent être ressenties en 1 à 4 semaines. Si tes apports étaient déjà adéquats, l'impact subjectif sera minimal.
La thiamine est-elle détruite par la cuisson ?
Oui, partiellement. La thiamine est sensible à la chaleur et à l'oxydation. La cuisson prolongée ou à haute température peut en détruire 25 à 50 %. Préfère les cuissons courtes et à basse température pour les aliments riches en B1.
La vitamine B1 interagit-elle avec des médicaments ?
Certains médicaments peuvent réduire l'absorption ou l'utilisation de la thiamine : diurétiques, antibiotiques au long cours, digoxine. Si tu prends un traitement médical régulier, signale ta supplémentation à ton médecin ou pharmacien.
Le Multivitamines AqeeLab suffit-il à couvrir les besoins en B1 d'un sportif ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Avec 1,3 mg par dose (118 % des AJR), il couvre les besoins des sportifs modérément actifs à intensifs. Les sportifs pratiquant plus de 10 heures d'entraînement intensif par semaine peuvent envisager un apport légèrement plus élevé, à discuter avec un professionnel de santé.
Références scientifiques
Pour aller plus loin sur AqeeLab Nutrition
La vitamine B1 fait partie d'un écosystème de micronutriments qui agissent en synergie. Pour optimiser ton approche nutritionnelle sportive, retrouve nos guides sur le complexe B complet, la vitamine B6, la vitamine B12, le magnésium et le zinc.